Qui sommes-nous ?

Rencontre avec Caroline Charvier, architecte HMONP à Valence dans la Drôme

(Propos recueillis par Baptiste Chassagne)

Si Architecturama Studio revendique l’esprit de cordée, c’est parce que le rôle de l’architecte est envisagé comme celui d’un guide. Un guide qui ouvre la voie, montre le chemin et s’assure de la réussite d’une rénovation, de l’aboutissement d’une construction.

À la tête de cette cordée, il y a Caroline. C’est elle qui, depuis 3 ans, fixe le cap, insuffle la dynamique, définit les valeurs et mène à bien les missions de la structure.

Rencontre avec le bâtisseur du projet ARCHITECTURAMA STUDIO.

« Petite déjà, je dessinais les plans d’une maison qui habitait mes rêves. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à celle de Mickael Jackson, avec le labyrinthe floral, le parc d’attraction... et surtout une grande niche, car je voulais vivre entourée de nombreux chiens. »
« L’architecture est une discipline qui se situe au confluent de tous les arts. »
« L’architecte doit faire preuve de pragmatisme et créer dans un cadre défini par certaines contraintes quand l’artiste, lui, peut laisser libre cours à sa créativité. »
« Notre mission n’est pas d’œuvrer pour du beau mais pour de l’utile. »
« La confiance du maître d’ouvrage est primordiale et pour la gagner, il faut se mettre à son écoute. »
« Il s’agit d’être entièrement dévouée à son projet, ne pas compter son temps et s’accommoder des imprévus en y apportant des réponses adaptées. »
« Même si je suis déçue qu’un scénario que je propose ne soit pas retenu, ce qui compte avant tout, c’est la satisfaction du client. »
« J’intègre une équipe avec qui j’ai réellement envie de partager un joli bout de chemin. »
« Se diversifier t’oblige à sortir de ta zone de confort, à te replonger dans l’étude, à être créatif et c’est ainsi que tu progresses... »
« Se diversifier t’oblige à sortir de ta zone de confort, à te replonger dans l’étude, à être créatif et c’est ainsi que tu progresses... »
« L’architecte peut être un agent de la transition énergétique (...) c’est à dire contribuer à sa façon, faire sa part pour aider notre planète. »
« L’ordinateur est une intelligence artificielle qui t’influence nécessairement dans la conception (...) Je préfère donc parfois retourner à la liberté que te procure une maquette. »
« Je pense que ma singularité s’exprime dans le soin que j’apporte aux détails, même les plus infimes. »
« L’architecte a un lien très particulier avec le doute... »
« Être une femme architecte peut constituer un avantage, une originalité qui réside dans notre méticulosité et notre sensibilité féminine. »

Interview

(Propos recueillis par Baptiste Chassagne)

Fibre, pragmatisme et Michael Jackson

Ce n’est pas nécessairement une vocation, mais il faut avoir une fibre, oui.  Pour ma part, j’ai intégré l’école d’architecture, non pas par hasard, mais à la suite d’un concours de circonstances assez favorable (Sourire).

L’architecte doit faire preuve de pragmatisme et créer dans un cadre défini par certaines contraintes quand l’artiste, lui, peut laisser libre cours à sa créativité. Notre mission n’est pas d’œuvrer pour du beau mais pour de l’utile. Pendant mes études, j’ai été séduite par deux matières totalement antagonistes et qui résument assez bien cette vision que je défends : l’urbanisme, où il s’agit de découper la ville selon des plans très géométriques, construire des volumes de façon empirique ; et la sociologie de l’habitat, qui exige une analyse des comportements plus poussée. D’ailleurs, mon projet de fin d’études illustre assez bien cette philosophie… J’avais imaginé un téléphérique formant une boucle tout autour de la ville de Lyon, comme un fil qui permet de tisser du liant entre les quartiers, avec à chaque gare, des services et une interface de mobilité.

Caroline Charvier Portrait Dessin Architecte Valence

C’est une fibre créative, une sensibilité. Petite déjà, je dessinais les plans d’une maison qui habitait mes rêves. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à celle de Mickael Jackson, avec le labyrinthe floral, le parc d’attraction… et surtout une grande niche, car je voulais vivre entourée de nombreux chiens. Pas un jeu de construction ne m’a échappé : Kapla, Lego… Cette fibre créative m’a assez naturellement poussé vers l’architecture puisque c’est une discipline qui se situe au confluent de tous les arts. (Un temps) Je voulais aussi un métier qui m’offrait un lien direct avec la matière.

Pour moi, c’est un métier de responsabilité, d’expertise et de gestion. De ce constat, deux qualités indispensables découlent alors de la comparaison entre le guide et l’architecte : tous deux doivent être capables de générer de la confiance tout en démontrant une maitrise transversale de leur projet. À la fois inspirer et contrôler ! La confiance du maître d’ouvrage est primordiale et pour la gagner, il faut se mettre à son écoute. Et ce, même si parfois il est nécessaire de le raisonner. Nous devons centraliser toutes les informations et connaitre tous les détails relatifs à un chantier. 

« La confiance du maître d’ouvrage est primordiale et pour la gagner, il faut se mettre à son écoute. »

(Sans hésitation) Un engagement total. Il s’agit d’être entièrement dévouée à son projet, ne pas compter son temps et s’accommoder des imprévus en y apportant des réponses adaptées. C’est un métier-passion assez chronophage qui mérite une certaine rigueur organisationnelle, notamment en termes de délais et plannings. Enfin, un autre aspect souvent négligé concerne les aptitudes rhétoriques… C’est un avantage que d’être un bon orateur doté d’une certaine force de persuasion, qui sait insuffler des convictions, mais toujours avec tact et pédagogie.

Méthode, équipe et zone de confort

J’ai énormément appris grâce à la variété des projets sur lesquels j’ai travaillé. Cette diversité a forgé mon expérience. Elle m’a permis de développer des compétences techniques, des réflexes, un savoir-faire…

Aussi, j’ai appris à éviter de me montrer dogmatique, au sens où même si je suis déçue qu’un scénario que je propose ne soit pas retenu, ce qui compte avant tout, c’est la satisfaction du client. Pour cela, le travail doit être collaboratif et le dialogue permanent. L’image de la cordée qui avance main dans la main n’est pas galvaudée.

Et cette dimension collective va même au-delà du maitre d’ouvrage : elle s’étend à l’ensemble de l’équipe de maitrise d’oeuvre !

Pendant ces 3 ans, j’ai éprouvé une méthode qui consiste à d’abord créer une émulation qu’il s’agit ensuite d’orienter et de contrôler.

Car, au final, l’architecte est le seul garant de la qualité du rendu, de son esthétisme.

Image 3D de la perspective du bâtiment depuis la terasse

Oui, j’ai pris conscience de la part conséquente d’administratif qui se cache derrière chaque réalisation. Je le savais mais je n’en soupçonnais pas l’ampleur. Notamment lorsque la règlementation locale se veut très dense. Tu évolues dans un cadre très défini, tu ne fais pas ce que tu veux ! Mon premier chantier constitue le témoin le plus éloquent à cet égard : il s’agissait d’un aménagement, pour lequel je disposais d’un budget conséquent mais sur une commune, Clamart, qui s’effondrait sur elle-même… Un cas d’école qui fait que je suis entrée directement dans le dur ! (Sourire)

La conviction que c’est le bon moment pour commencer à écrire une nouvelle page de l’aventure d’ARCHITECTURAMA STUDIO. À court-terme, le fait d’investir ces bureaux répond à la volonté d’intégrer une équipe avec qui j’ai réellement envie de partager un joli bout de chemin. Mutualiser ainsi nos compétences va nous permettre de candidater à de plus nombreux appels d’offres, décrocher des marchés publics et élargir nos références. L’ambition est aussi de varier un maximum la nature des bâtiments sur lesquels nous serons missionnés puisque se diversifier t’oblige à sortir de ta zone de confort, à te replonger dans l’étude, à être créatif et c’est ainsi que tu progresses…

Je pense que cette association va valider une progression, le fait de devenir plus confirmée, plus expérimentée. Le fonctionnement en équipe m’attire vraiment puisqu’à termes, dans l’idéal, j’aimerais transmettre, aider, former…

Rénovation, signature et colibri

La dimension symbolique hyper forte :

-Tu travailles sur un patrimoine qui a du vécu, une histoire, du cachet…

-Tu as l’impression de reprendre le témoin des bâtisseurs qui t’ont précédé, des décennies voire même parfois des siècles auparavant.

-Ensuite, il y a aussi ce goût du défi. Il est beaucoup plus difficile de rénover de l’existant que de construire du neuf. Ces chantiers sont des challenges très intéressants à relever.

Contrairement au neuf, avec l’ancien, les solutions que tu dois trouver sont contraintes par un cadre, tu n’es pas totalement libre. Et c’est cela qui fait le charme du bâti existant !

Au risque de passer pour quelqu’un d’assez « rétro », je concède qu’un petit retour en arrière, à une ère moins numérique, ne me dérangerait pas… (Sourire) Selon moi, l’ordinateur, qui est bien évidemment un super outil, peut parfois avoir tendance à formater tes idées. Par définition, c’est une intelligence artificielle qui t’influence nécessairement dans la conception, une béquille qui peut te brider. Du coup, souvent, je préfère retourner à la liberté que te procure une maquette. À ce moment-là, tu es seule face à toi-même, face à ta réflexion, face à ta créativité !

Peut-être que ma vision et mon expérience peuvent me permettre de revendiquer une petite singularité, mais je ne prétendrais pas avoir déjà une signature…

Maquette d'une construction d'un pôle multiservices

J’avais quelques appréhensions à ce sujet, qui se sont finalement révélées infondées… Il existe des différences, certes, mais bien que le monde du bâtiment soit très masculin, je n’ai jamais ressenti un manque de respect ou d’autorité lié au fait que j’étais une femme. Je pense même que dans certaines situations, cela peut constituer un avantage. Une originalité qui réside dans notre méticulosité et notre sensibilité féminine.

Oui, pour moi, la rénovation du bâti existant est même le nerf de la guerre du XXIème siècle !

(Avec enthousiasme) L’immobilier est le premier poste polluant en termes de consommation, devançant même les transports… Réduire cette dégradation écologique liée à l’agrandissement du parc immobilier est selon moi primordial. L’architecte peut être un agent de la transition énergétique et mettre en application cette stratégie du colibri, c’est à dire contribuer à sa façon, faire sa part pour aider notre planète.

Je pense qu’elle s’exprime dans le soin que j’apporte aux détails, même les plus infimes. J’aime dessiner à une très petite échelle afin d’être certaine de ne rien laisser au hasard. C’est mon petit côté perfectionniste ! (Sourire à nouveau) Je crois que c’est le témoin de l’engagement et de l’implication que je mets dans chaque projet. J’apprécie cette sensation qui t’envahit lorsque tu as la certitude d’avoir fait mon maximum pour que le client soit satisfait du résultat. Cela sous-entend également une remise en question permanente : « Est-ce que cette fenêtre est au bon endroit ? » … On ne le saura jamais ! Cependant, s’interroger aide à progresser. Car nous sommes tous perfectibles. L’architecte a un lien très particulier avec le doute…

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Portrait à l'encre de Chine

Portrait de Caroline, esquissé à l’encre de chine.

Le bois.
Un matériau naturel avec des essences différentes et donc des possibilités infinies. C’est le matériau de toujours et de demain. En témoigne les premiers immeubles récemment bâtis en CLT (Bois massif lamellé-croisé) pouvant désormais atteindre entre 10 et 15 étages !

Le frêne. Pour sa teinte claire et son veinage discret. J’ai même créé conçu des meubles en frêne sur mesure, en collaboration avec un artisan menuisier. 

L’acier. Pour sa solidité et la finesse des sections atteintes en menuiserie extérieure. Il suffit alors d’un artisan métallier à l’écoute du projet et tout devient envisageable !

Une courbe. Car elle casse les angles et apporte une touche de féminité. Comme disait Gaudi : Il n’existe pas d’angles droits dans la nature ! Il détestait les angles droits …

Le vert kaki. Il reflète les teintes naturelles et la douceur du lichen.

Innover. Transcrire ?

Un appareil photo. Pour regarder, composer, transcrire travailler et voyager.

On me dit souvent que j’ai un « bon œil ». Peut-être une certaine forme de méticulosité liée à une touche de clairvoyance.